Secrets d’Epiphanie

Du Valais au Pyrénées, voyage royal et savoureux

J’aime l’Epiphanie. Il me rappelle ce merveilleux moment quand, enfant, nous «tirions» les Rois. Un parfum de magie flottait à table. Je me souviens du rituel de la découpe : sous une grande serviette de coton blanc, afin que l’on ne puisse pas, par le côté des tranches, entrevoir la fève, sésame pour le sacre. A tour de rôle, nous glissions la main sous la serviette pour attraper la part qui nous revenait et, religieusement, les yeux scintillants à la vu de la couronne en «or» qui trônait au milieu de la table, nous rêvions de devenir le roi de la journée.

QUERIBUS

image: Château de Quéribus, au dessus du vignoble de Mas Amiel

Quel rapport avec le vin? Le souvenir des bouteilles de vins doux qui s’ouvraient pour cette occasion. Leur belle robe dorée semblait assorti à la couronne. On invitait les enfants à «mouiller les lèvres». Initiation à un arcane nouveau, celui des saveurs…. Mais surtout, l’Epiphanie, c’était cette occasion de se délecter d’un vin doux au creux de l’hiver. Et, même s’il se fait parfois capricieux comme cette année, l’hiver s’adoucit de ce moment de partage et de convivialité autour des vins doux. C’est le cas de la Tchupèlètô d’Alexandre Délétraz. Une cuvée 100% Ermitage flétri sur souche, que le jeune et talentueux vigneron de Fully élabore dans sa combe perdue, doux mélange de fruits confits et de parfums de champignons des bois. Les uns opteront pour la tradition d’un Jurançon moelleux, à l’instar de celui que vinifie Jean-Bernard Larrieu, le patoisant du Vic-Bihl, sur les versants escarpés face aux Pyrénées. Toute la rigueur montagnarde adoucie par l’exotisme des Petit et Gros Manseng, que l’on vendange parfois ici jusqu’en décembre. Toujours dans la Grande tradition, comment ne pas citer le Sauternes. Le roi des vins doux même s’il ne fut pas le vin d’un roi comme le Jurançon qui baptisa Henri IV.…Mais quel feu d’artifice que celui de Jean-Noël Belloc : mangue, melon, pâte de fruits séchés, épices… Un Sauternes issu presque exclusivement de sémillon et qui place haut le degré d’accoutumance!

Last but not least, si l’Epiphanie se traduit en Grec par le verbe φαίνω (phaïnò), « se manifester, apparaître, être évident », il est un vin comme une évidence secrète, cachée au fin fond d’un pays de mystère et de tradition. Un vin rare, issu d’une appellation ancestrale, dont on doit la résurgence au courage d’hommes qui surent combattre et imposer leurs idées dans un milieu aride, venteux et farouchement méfiant de l’Autre. Ce vin, c’est le Maury Blanc du Mas Amiel, cet «Autre», c’est Olivier Decelle qui a donné ses lettres de noblesse à ce blanc magique issu du grenache gris. Un vin à la fois minéral et fruité, à la robe aux reflets blonds qui précède un nez de ciste, de pamplemousse et de schiste chauffé par le soleil languissant des soirées catalanes. Un contraste saisissant avec les rouges doux du domaine, une acoustique savoureuse à déguster silencieusement, la tête auréolée de mille secrets cathares. TS

Jusqu’au 11 janvier 2015, -10% sur nos vins doux en stock en magasin.

RVF – N°1 Mas Amiel Charles Dupuy 2008

Revue du Vin de France – novembre 2011. N°1 Maury Vintage 2008 MAS AMIEL. “La réputation du Mas Amiel n’est plus a faire et son succès commercial, amplement mérite, continue a promouvoir l’image du Maury. Au firmament de la production locale, nous plaçons cette magnifique bouteille en tête de notre Palmarès. Une sélection de vieux grenaches plantes en 1914, un mutage sur grains et un élevage de dix-huit mois en barriques ont donne naissance a cette cuvée exceptionnelle, d’une merveilleuse finesse de chair. A l’image d’un grand porto Vintage, sa palette aromatique offre une très grande complexité et sa finale nerveuse se pare d’une noble amertume”.

Bientôt en stock dans nos celliers, vous pouvez encore vous régaler du 2008 : Bettane & Desseauve : 18/20 • RVF : 17,5/20 • Gault Millau : 16/20 • Guide Hachette : 3*(Vin exceptionnel) + Coup de Coeur • Robert Parker : 92-93/100